Construction du pont

 

 J'avais un peu d'appréhension avant de commencer ce chantier, primo: où trouver des baguettes acajou d'1m50, secundo: quoi mettre entre ces baguettes, noir, blanc? La solution m'a été donnée par Marcel Moine spécialiste dans le domaine de l'ébénisterie de haute voltige: il faut voir ses bateaux et son ameublement: de l'art! Nous nous étions rencontrés au salon de La Balme, et quand il m'a demandé ce que je comptais poser sur ce pont, je lui ai dit ce qui me souciait et il m'a répondu que lui il avait un plateau d'acajou et qu'il me donnerait rendez-vous chez lui pour découper ensemble ce qu'il fallait dans la journée. Ce n'est pas une écharde qu'il m'a enlevé du doigt ce jour là Marcel, c'est un pieu! Grand merci à lui.

 Parce que ça ne s'est pas fait tout seul, c'est dur ce bois, ça casse bien et les échardes dont je parlais elles se plantent profond! Toutes les pièces étaient marquées au cours du débitage , donc le lendemain j'ai tout classé comme il m'avait dit pour conserver un aspect uniforme (le dessin change assez vite de couleur sur la largeur).

 Les baguettes n'étant pas toutes pareilles dans l'épaisseur et la largeur je me suis attelé à les calibrer à la fraiseuse en commençant par les deux faces, dans l'étau avec comme outil un petite barre d'alésage avec grain carbure affûté pour le bois. à chaque opération, je déplaçais la pièce de 12cm (largeur de l'étau), soit 13 fois d'un côté, autant de l'autre le tout sur 36 pièces.....

 Pour la largeur j'ai bricolé un genre de calibreuse vite faite de façon à redresser le premier chant en mettant une faible pression sur les roulements, puis plus forte pour le second, mes baguettes sont sorties assez droites et toutes à la même taille. L'outil est un manchon abrasif que l'on trouve souvent comme accessoire avec les mini perceuses. Voir les premières photos.

           

 Marcel m'avait débité aussi des planchettes d'érable sycomore bien blanc, dur aussi, pour faire des intercalaires entre les baguettes d'acajou que j'ai scié en épaisseurs d'1mm par 2,5. Il me fallait deux pièces de ce bois par baguette d'acajou que j'ai collées dans une cornière d'alu protégées par de l'adhésif pour pouvoir les retirer après.

     

Dans la foulée, avant de coller les baguettes sur le pont (recouvert déjà ce ctp aviation d'1mm), il fallait tailler une bordure dépassante de 4mm que je n'avais pas réussi à cintrer (16mm de large par 2), ça s'était cassé. Je l'ai faite en plusieurs morceaux assemblés par collage en faisant des trous Ø 3 pour les maintenir en position avec des goupilles qui seront remplacées au recouvrement final par des pions tournés dans de l'acajou collés aussi. Ensuite, ponçage d'abord  par rapport à la coque, mise à largeur avec la calibreuse et direction le chantier pour coller à l'intérieur les baguettes d'érable. Et puis collage sur le pont.

   

           

Après, un long chantier à réaliser: ajuster et coller les baguettes sur le pont bien droites et jointives et plaquées sur le support(avec des petites brides), le matériel est simple: petite scie à main à chantourner et des bandes toilées d'abrasif différents collées sur des planchettes assez rigides, que du travail manuel, les machines sont au repos.

           

 Pendant que j'y suis, je fais aussi le toit de la cabine avec des barrots de même tonture que le pont fixés sur un gabarit, sur ce toit existe à l'arrière un pare gouttes à fabriquer en lamellé collé de 4 couches d'acajou 5/10èmes, encore un gabarit pour premièrement les former mouillées et ensuite les assembler à l'Araldite, et par ailleurs le capot du compartiment réservoirs de gaz.

     

     

     

 Bon, ça avance, il faut faire encore: le pavois avec ses dalots et l'arrière à tailler dans la masse et deux galoches gueule de raie, quelques jambettes triangulaires à l'avant, les hiloires dont la principale a été formée mouillée sur un gabarit avec deux planchettes acajou 1x50mm et assemblée à l'Araldite sur le même gabarit (j'en ai tellement bavé qu'il ne m'est pas venu de prendre des photos, ce fut le pire boulot sur ce bateau). Aussi rayonner le sommet de ces hiloires  et coller à leur raccord avec le pont des petits quarts de rond taillés à la fraiseuse.